               | Le gros intestin Division et topographie Le gros intestin se subdivise en 3 segments: le caecum, le côlon et le rectum. Le côlon se divise lui-même en trois portions: côlons ascendant, transverse et descendant. D'après la topographie, on décrit un côlon ascendant (côlon proximal ou droit) séparé du côlon transverse (côlon médian) par la courbure droite et un côlon descendant (côlon distal ou gauche) débutant à la courbure gauche. Cet ensemble forme le cadre colique qui s'oppose au cadre duodénal. Le caecum constitue un organe borgne en dérivation par rapport à l'axe iléo-colique. Il ne possède habituellement pas de méso qui lui soit propre si bien que sa topographie peut présenter de grandes variations individuelles.
32 Particularités d'espèces
Le développement du caecum et du côlon ascendant variera suivant le régime alimentaire. On observera peu de variations spécifiques au niveau du côlon transverse, du côlon descendant et du rectum. Le gros intestin a une double fonction, il est le siège, d'une part, de la réabsorption de l'eau; il héberge, d'autre part, une flore bactérienne cellulolytique. Cette seconde fonction est bien développée chez les Herbivores monogastriques. Ces animaux ont en effet besoin d'une flore bactérienne pour dégrader la cellulose. Comme il ne possède pas de pré-estomacs, contrairement aux Polygastriques, les réservoirs nécessaires à la multiplication d'une population bactérienne, sont au niveau du caecum ou du côlon ascendant. L'équilibre entre les différentes souches bactériennes de cette population doit être impérativement respecté pour la survie de l'animal. L'administration d'antibiotiques, par exemple, peut sélectionner des souches bactériennes habituellement peu représentées, et dont le développement anormal sera à l'origine d'entérotoxémies mortelles.
Caecum Parmi les animaux de laboratoire, le caecum est réduit chez le Chien, l'Homme et les Primates anthropomorphes. Il est vestigial chez le Chat et absent chez le Furet.  |  |  | Dimension du caecum: lxi (cm.) | Porc Chien Chat Lapin Rat
| 8-10 x 30-40 5-6 x 1-2 2-3 x 0.5 40 6-8 3-4 1-2 | Le caecum est de taille respectable chez les Rongeurs, chez le Porc et chez les Primates herbivores. Chez le rat, sa topographie présente de très grandes variations individuelles: il peut se placer dans le flanc droit ou gauche, s'organiser dans un plan horizontal ou verticaL.. Il arrive, dans ces conditions, avec un manque d'habitude, qu'on puisse, au lieu de faire une injection intra-péritonéale, administrer le produit à tester dans le caecum.  | C'est chez le Lapin, que le caecum présente le développement maximal. Il se divise en trois régions: la base, le corps et l'apex. La base constitue une région qui s'interpose entre l'ampoule iléale et colique. De ce fait, l'iléon ne s'ouvre plus dans le côlon mais dans le caecum. Cet agencement, commun à toutes les espèces à caecum développé, force le contenu iléal à transiter dans le caecum pour y subir la cellulolyse. Le corps du caecum est formé de bosselures volumineuses séparées par un profond sillon spiral qui fait saillie dans la cavité de l'organe en un pli spiral. Ce pli spiral, caractéristique du caecum des Lagomorphes, décrit 20-25 tours depuis la base du caecum jusqu'à l'apex. L'apex ou appendice vermiforme constitue l'extrémité borgne de l'organe comme chez l'Homme, il est de faible calibre et sa paroi est infiltrée de tissu lymphoïde ce qui lui vaut l'appellation d'''amygdale intestinale". Le caecum du lapin contracte secondairement des unions avec la paroi lombaire, l'iléon et le côlon. L'ensemble iléon-caecum-côlon s'organise alors dans un plan horizontal suivant une topographie constante. | | Chez le lapin, le contenu caecal peut être éliminé sans modification notoire jusqu'à l'anus (caecotrophe) où il est réingéré par l'animal. Ce comportement, appelé caecotrophie, est propre aux Lagomorphes. Il permet à l'animal d'absorber dans l'intestin grêle les sucres et les acides aminés d'origine bactérienne qui ne peuvent être absorbés dans le côlon. Privé de cet apport, l'animal meurt. Chez les Rongeurs, la coprophagie qui s'apparente à la caecotrophie est également vitale (mort d'une souris ou dJun cobaye en 2-3 semaines). | Côlon ascendant Chez les Carnivores et l'Homme, le côlon ascendant est court. Sa longueur s'accroît chez les Omnivores et les Herbivores ce qui l'amène à s'enrouler soit sur lui-même (enroulement spiral) soit autour du caecum (enroulement paracaecal). Chez le Porc, la Chèvre et le Hamster, le côlon ascendant présente un enroulement spiral. L'enroulement paracaecal, marqué chez le Lapin, s'amorce chez le Cobaye. Chez de nombreux animaux, l'augmentation de surface et de longueur du caecum et du côlon se traduit par la formation de bosselures (haustra) séparées par des sillons circulaires plus ou moins profonds, due à l'inégalité de longueur de la paroi intestinal et des bandelettes musculaires longitudinales, plus courtes, qui brident l'intestin et le forcent à se bosseler. Cette organisation permet d'augmenter la surface de la paroi du viscère sans en accroître le volume. L'augmentation de la surface de la paroi, c.a.d. de la surface d'absorption, permet de compenser le faible rendement de l'absorption dans le gros intestin. Le caecum de cobaye, le caecum et le côlon proximal du Lapin et du Porc présentent de telles bosselures.  |  | Motricité intestinale La motricité du gros intestin présente deux composantes: une activité tonique localisée et une activité phasique propagée. La première assure la rétention et le brassage du contenu. Elle favorise donc l'action de la flore cellulolytique et la réabsorption de l'eau. La seconde activité assure le remplissage et la vidange du gros intestin. Le rapport entre les temps occupés par ces deux activités dans le côlon descendant détermine, en outre, la mise en forme des fèces. Chez les animaux, dont les fèces se présentent sous forme de crottes c.a.d. avec une teneur en matière . sèche élevée (Chèvre, Rat, Lapin lors de l'émission de crottes dures), l'activité localisée est prédominante ce qui autorise une réabsorption maximale de l'eau. A l'inverse, chez les animaux dont les fèces sont fortement hydratées (Homme, Chien, Porc, Lapin lors de l'émission de caecotrophes), c'est l'activité propagée qui prédomine. L'augmentation anormale d'une des deux composantes de la motricité sera à l'origine de troubles de la défécation: diarrhée lors de l'accroissement de l'activité propagée, ou constipation lors de l'augmentation de l'activité localisée. La composition de la ration fait varier la durée du transit et le poids des fèces en fonction de son appétence, de sa teneur en fibres et en eau.. | Poids des fèces | % de matière |  | | en g/jour. | sèche en g. | Chien | | | ration à 15% de fibres | 98 | 22 | | ration à 30% de fibres | 204 | 10 | | Porc | | | | ration à 8% de fibres | 270 | 33 |  | | ration à 15% de fibres | 800 | 22 | | Lapin | | | | crottes dures | 76 | 18 | | caecotrophes | 50 | 45 | Chez le Rat, le caecum contrôle la teneur en eau du contenu qu'il délivrera vers l'aval en fonction des capacités d'absorption de l'eau du côlon. De ce fait, le rat privé expérimentalement de caecum fournit un modèle remarquable de diarrhée si on lui injecte des substances secrétagogues, c.a.d. augmentant la teneur en eau du contenu intestinal comme des prostaglandines de série E 2 (300 µg/kg) ou du carbachol (15 mg/kg) par voie orale. La teneur en eau du contenu qui arrive dans le côlon est alors excessive.
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